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L'UFC Martigues-étang de Berre sur tous les fronts

Partie civile dans le procès de la viande avariée maquillée, l'association a obtenu 6 000 € de dommages et intérêts. Un montant record pour elle.

L'UFC Martigues, seule association partie civile lors du procès sur la viande avariée

L'UFC Martigues était la seule association partie civile lors de ce procès sur la viande avariée. / Photo illustration Sophie Spiteri

Le tribunal correctionnel de Marseille s'est montré ferme. Il a prononcé des peines de prison avec sursis à l'encontre de sept gérants et vendeurs de boucheries installées à Marseille, Martigues et Port-de-Bouc pour « falsification de denrées alimentaires nuisibles à la santé, vente de denrées alimentaires falsifiées nuisibles à la santé et tromperie sur la marchandise entraînant un danger pour la santé de l'homme ».

Aidé par un « chimiste », Pierre Azzi, condamné à 30 mois de prison dont douze ferme et une amende de 10 000 €, ils avaient vendu entre 2004 et 2009 de la viande avariée à laquelle ils avaient redonné des couleurs grâce à l'injection de bisulfite de soude.

Une satisfaction pour l'UFC Martigues

« Une tromperie sur la qualité, c'est gravissime. On avait eu une histoire avec ces tomates de Provence qui venaient en fait d'Espagne, mais il ne s'agissait que d'un préjudice pécunier. Là, on se dit qu'il y a des enfants et des adultes qui ne devraient en aucun cas avoir accès à ce type de nourriture. »

Muguette Turbil, présidente de l'UFC-Que Choisir de Martigues-étang de Berre

L'UFC Martigues était la seule association partie civile lors de ce procès. Le tribunal de Marseille lui a accordé 6 000 € de dommages et intérêts.

« C'est la première fois qu'une somme aussi importante nous est allouée. Ça prouve que tout ce qui touche à la consommation intéresse désormais la justice. »

Muguette Turbil

En s'étant constituée partie civile, l'association martégale « s'est engagée dans ce dossier très tôt. Elle était partie civile dès le stade de l'instruction, en 2009. Elle défendait l'intérêt collectif des consommateurs, comme l'y autorise le code de la consommation », rappelle Me Joseph Czub, l'avocat martégal de l'association.

« C'est encourageant, ça montre que ce qu'on fait est utile à tout le monde. Et ça nous permet aussi de continuer notre action. »

Muguette Turbil

Seul regret : qu'aucune peine d'interdiction professionnelle n'ait été prononcée. Me Czub relativise : « Certains avaient déjà été frappés par des fermetures temporaires. Deux d'entre eux ont même dû cesser leur activité. »

Sylvain Pignol — La Provence