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La ProvenceMars 2011Construction & Immobilier

La fin du cauchemar pour les propriétaires du Comédia ?

Après trois ans de procédure, une nouvelle réunion, vendredi, leur a donné de l'espoir

L'immeuble du Comédia à Jonquières

L'immeuble aurait dû être livré en 2008. En septembre dernier, les travaux n'étaient pas terminés. En mars 2011, toujours pas. / Photo Serge Guéroult

Acquérir un bien immobilier, c'est le rêve de beaucoup de Français. Mais pour les acheteurs des 19 logements du Comédia, à Jonquières, la scène a viré au cauchemar. Et le film dure depuis maintenant trois ans. Vendredi, pour la troisième fois, un expert judiciaire est venu constater l'avancement des travaux. Enfin, si on peut parler d'avancement, puisqu'entre sa dernière venue (notre édition du 23 septembre 2010) et aujourd'hui, rien ou presque n'a bougé.

« La Société civile immobilière en charge des travaux s'était alors engagée à poursuivre le chantier. Mais depuis, rien n'a vraiment avancé. »

Me Joseph Czub

Si, en façade, l'immeuble semble presque normal, à l'intérieur, tout est brut. Les acquéreurs ont pu, lors de la dernière visite en septembre, constater des malfaçons : baies vitrées qui ne s'ouvrent plus, poteau de béton en plein milieu du salon, infiltrations… la liste est longue. Et les travaux ne sont avancés qu'à 60 %.

Jusqu'ici, promoteur et entreprises mandatées pour les travaux se renvoyaient la balle. Après avoir payé 80 % du prix de l'appartement, certains se sont retrouvés dans des positions difficiles. En témoigne cette propriétaire : « Je suis en location, puisque nous devions être livrés en mars 2008. J'en connais même qui ont pris un studio pour du locatif provisoire. Du provisoire qui dure depuis trois ans ! »

L'espoir

Mais alors qu'ils n'en finissaient plus de désespérer, la douzaine de particuliers engagés dans la procédure ont entrevu une lueur d'espoir.

« Le Groupement français de caution, qui assurait le chantier, s'est engagé verbalement à reprendre les travaux de façon continue dans un délai d'une semaine à quinze jours, et à délivrer une garantie de paiement pour les différents corps de métier. Même si la SCI Comédia n'a pas été défaillante en droit, puisqu'elle existe toujours, l'assureur a considéré qu'elle l'était dans les faits. »

Me Czub

Un premier motif de satisfaction, mais qui attise la vigilance des acquéreurs après tant de déceptions. « On veillera à ce qu'il n'y ait pas d'interruption du chantier, assure l'un d'entre eux. Parce que des reprises de travaux, il y en a eu, mais ça s'arrête souvent au bout d'un mois. »

Même vision attentiste chez Me Czub : « Ces engagements sont prometteurs, mais nous attendons la confirmation officielle. »

Pour l'instant, les acheteurs lésés renoncent donc à faire appel aux pouvoirs publics, comme le maire, pour faire entendre leur voix, comme ils l'avaient un temps imaginé.

Reste que de nombreux futurs occupants sont dans une situation économique difficile. « On espère qu'on n'aura pas à payer les 20 % restants », souffle l'une d'entre eux. La question d'une indemnisation pour le préjudice subi sera sans doute une autre bataille à livrer.

Mais enfin, après trois ans de frustration, les propriétaires commencent à entrevoir un peu de lumière au bout du tunnel.

Sylvain Pignol — La Provence